Les compétences du futur
- mona laroussi
- 17 mars
- 3 min de lecture
Pourquoi parle‑t‑on autant de compétences aujourd’hui ?

Le monde du travail évolue très vite : de nouveaux métiers apparaissent, d’autres se transforment ou disparaissent. Les carrières deviennent plus personnalisées et moins linéaires. Parallèlement, les changements sociétaux – usage massif du numérique, globalisation, nouvelles formes de collaboration – obligent chacun à s’adapter en permanence.
Dans ce contexte, les compétences ne se résument plus à un diplôme ou à un métier. Elles combinent savoirs, savoir‑faire et savoir‑être, et doivent pouvoir être mobilisées dans des situations variées, parfois imprévisibles.
Une image et une présence numériques à construire
L’intervention insiste aussi sur l’importance de l’« image numérique ». Dans un monde où une grande partie de notre activité professionnelle laisse des traces en ligne, la réputation numérique devient un enjeu majeur de crédibilité et de légitimité.
Pour les enseignants, les cadres éducatifs et les institutions, cela suppose :
de collaborer davantage avec les familles et les communautés,
de développer l’éducation aux médias et à l’information,
de promouvoir la sécurité en ligne et le respect de la vie privée,
et de renforcer la formation continue sur ces enjeux.
Un monde connecté, distribué et informatisé
Les organisations se transforment : équipes distribuées, projets menés à distance, travail interculturel, externalisation, circulation des talents entre pays. Les technologies produisent d’énormes quantités de données, rendant la prise de décision plus complexe mais aussi potentiellement plus transparente.
Les professionnels doivent donc être capables :
de travailler en mode distribué, à travers les fuseaux horaires et les outils collaboratifs,
de gérer plusieurs projets et transitions de carrière,
de rester connectés à des réseaux et communautés multiples.
L’impact de l’IA générative
L’IA générative (rédaction, traduction, illustration, vidéo, code, recherche d’information…) change déjà les façons de produire, d’apprendre et de travailler. Elle ne remplace pas les compétences humaines, mais en modifie profondément le contenu et la manière dont on les exerce.
Cela renforce le besoin :
de compétences critiques (évaluer, vérifier, interpréter),
de créativité et de capacité à imaginer de nouveaux usages,
d’éthique dans l’usage des outils numériques.
Trois familles de compétences clés
Dans cette intervention, plusieurs compétences émergent comme centrales pour l’avenir :
L’intelligence numérique Capacité à utiliser les technologies numériques et l’IA pour accéder, gérer, analyser et créer de l’information utile. Il ne s’agit pas seulement de maîtriser des outils, mais de comprendre comment ils transforment la société et les métiers.
La résilience Savoir faire face aux changements, aux obstacles et aux incertitudes. Pour les responsables de projets et d’équipes, cela signifie renforcer la solidité mentale, valoriser les capacités individuelles et entretenir des relations de confiance au sein des organisations.
La transdisciplinarité et la littératie médiatique Lire et comprendre des concepts issus de plusieurs disciplines, croiser les savoirs pour résoudre des problèmes complexes, travailler avec des approches hybrides. Cela va de pair avec la capacité à accéder à l’information pertinente, à l’évaluer de manière critique et à produire des contenus adaptés aux nouveaux médias.
Comment intégrer ces compétences dans les systèmes éducatifs ?
L’intervention évoque plusieurs pistes de mise en œuvre dans les curricula :
Intégrer les compétences du futur dans les disciplines existantes comme objets d’étude et comme supports transversaux aux autres apprentissages.
Transformer les programmes pour faire des écoles et des établissements des organisations centrées sur l’apprentissage, davantage que sur la seule transmission de contenus.
Mettre l’accent sur l’apprentissage actif : résolution de problèmes, collaboration, projets concrets, évaluation formative.
Renforcer le rôle et la formation des enseignants, en leur donnant des outils et un accompagnement continu pour concevoir des environnements d’apprentissage innovants, y compris avec le numérique.
Des exemples internationaux (Singapour, Finlande, Canada, Australie, Estonie, etc.) montrent déjà comment certains systèmes éducatifs intègrent les compétences du XXIᵉ siècle – pensée critique, collaboration, créativité, littératie numérique, codage – dès les premières années de scolarité.
Un chantier collectif et une évaluation à repenser
Enfin, Mona Laroussi rappelle que la construction d’un système de compétences adapté au futur ne peut pas reposer uniquement sur l’école. Elle implique :
des décideurs publics,
le secteur privé et le monde économique,
les institutions éducatives,
les concepteurs de contenus,
les familles et les communautés.
Un des grands défis reste l’évaluation de ces compétences complexes. Elle nécessite des approches nouvelles, où les technologies numériques peuvent jouer un rôle clé pour observer les processus d’apprentissage, documenter les progrès et soutenir une évaluation plus fine et plus formative.

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